À l’occasion de la célébration des 66 ans d’indépendance du Togo, certaines trajectoires rappellent combien l’histoire économique du pays s’est aussi écrite au féminin. Parmi elles, celle de MANATEX, issue du mouvement des Nana Benz, occupe une place singulière dans la construction du tissu commercial national.
Dès les premières décennies après l’indépendance, ces commerçantes du Grand Marché de Lomé ont développé des réseaux d’approvisionnement et de distribution à l’échelle régionale. Leur maîtrise du commerce du pagne Wax, associée à une capacité d’organisation et d’anticipation, a contribué à structurer un secteur clé de l’économie informelle devenue progressivement influente.
Parmi ces figures, Manavi Ahiankpor-Sewoa occupe une place particulière. Fondatrice de MANATEX, elle incarne une génération de femmes ayant transformé une activité commerciale en véritable levier de croissance. Son parcours, de la ruralité à la gestion d’une entreprise reconnue, témoigne d’une forme d’ascension fondée sur la discipline et la vision.

Cet héritage a été prolongé par Marguerite SEWOA LAWSON-BOE ALLAH, qu’on surnomme affectueusement « Mami MANATEX ». En prenant la direction de l’entreprise à la fin des années 1970, elle consolide son positionnement tout en inscrivant son action dans un cadre plus large. Son engagement politique, marqué par son ascension en tant que première Nana Benz élue députée entre 2013 et 2018, illustre l’évolution du rôle des femmes issues du secteur commercial vers les sphères institutionnelles.
Au-delà des parcours individuels, l’apport des Nana Benz au développement du Togo se mesure à plusieurs niveaux : création d’emplois, structuration de circuits commerciaux, participation à la vie sociale et économique. Leur influence a contribué à faire du Wax un produit à la fois identitaire et stratégique dans les échanges.
À l’occasion de cet anniversaire de l’indépendance, l’histoire de MANATEX et de ses héritières, dont Mahéva AZIABLE, quatrième génération, s’apprête à prendre le relais, met en lumière une mémoire économique encore active. Elle rappelle que le développement du Togo s’est construit à travers des initiatives multiples, dont celles portées par des femmes qui ont su transformer le commerce en espace d’influence et de transmission.
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